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Les BTP dans la rue lancent un appel d’urgence

Mobilisation réussie pour les entreprises de travaux publics lorraines. Plus de 1 700 entrepreneurs avec leurs salariés ont battu le pavé messin, jetant leur casque devant la préfecture pour crier leur désarroi.

«Impressionnant, sérieux, spectaculaire ! » Cet étudiant messin spectateur du défilé orange dans les rues de Metz, hier à l’heure du déjeuner, n’en revenait pas. Il l’a immortalisé sur son smartphone comme beaucoup d’autres passants. Progressant derrière une banderole explicite de la Fédération – « Non à la mort des travaux publics ! » – le cortège tout en orange, casque et baudrier, avançait en rangs serrés sur toute la largeur des voies. Aucun chantier routier pour le ralentir jusqu’à sa destination, la préfecture. Or, ce sont justement des chantiers, des travaux, que réclament les entreprises des travaux publics. Pour la première fois, elles ont choisi de descendre dans la rue. « Une première à marquer dans les annales. La deuxième fois, ça fera mal ! » lâchait un manifestant. Ils étaient plus de 1 700 hier, chaque entreprise étant venue avec sa délégation de salariés. Une manif bien organisée… au départ des Arènes à 12h45 distributions de sandwiches et d’eau, de 1 500 casques et baudriers. Les slogans ont fusé. « François, Manu, les TP sont dans la rue ! » ou encore « Hollande t’es foutu, on est dans la rue ! »

« 15 jours de travail… »

Les hommes en orange témoignent. « On a maximum 15 jours de boulot devant nous. On est au bout du rouleau et on ne voit rien venir », lance Denis, 52 ans, de Dieuze, qui est mécanicien chez TP Colle de Créhange (40 employés). « Le carnet de commandes est à zéro. On n’a aucune perspective. Les donneurs d’ordre doivent se bouger. Ce sont les PME qui trinquent surtout, moins les grands groupes. Si ça continue, on va être obligé de réduire nos effectifs. On veut des appels d’offres pour qu’on puisse se battre ! », enchaîne Jean-Pierre Colliard de la Société BCC de Custines (100 salariés). A ses côtés, son fils Thomas, qui va reprendre le flambeau, évoque la chute de 35 % des commandes publiques depuis le début de l’année.

Lancer de casques

Le défilé s’est déroulé dans un certain calme. Après un crochet devant l’hôtel de ville de Metz, l’arrivée initialement prévue place de la Comédie a été repoussée par des manifestants, un peu plus remontés, jusqu’à la préfecture dont l’accès a été verrouillé par des barrières et un petit cordon de la section d’intervention de la police nationale. Une centaine de CRS à l’abri rue du Pont-Moreau était également prête à venir en renfort en cas de débordement. Olivier Defretin, secrétaire de la fédération, a appelé les manifestants au porte-voix à déposer tranquillement le casque près des barrières. Un mot d’ordre rejeté massivement. Les hommes ont brandi leurs casques pour les lancer avec force de l’autre côté des barrières. Le ton est monté et quelques esprits échauffés s’en sont pris à des barrières. Très vite cependant, le calme est revenu. La délégation de la fédération a pu rentrer dans la préfecture pour une entrevue avec le sous-préfet de Metz-campagne, représentant le préfet. « Défendez-nous ! », balançaient des salariés en se repliant vers la place de la Comédie tandis que le pavé de la préfecture est resté jonché de casques. Vers 15h, après une heure d’entretien, la délégation est revenue. « Il y a urgence. On a déjà perdu 1 300 emplois, on risque d’en perdre autant. Nous avons fait des propositions. Si on n’obtient pas de réponses, la grogne va monter », assurait Patrice Haltebourg, président des TP de Lorraine.

Source : http://www.republicain-lorrain.fr/

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